Patios et terrasses : quelques notions de base
Bois torréfié, bois traité; cèdre, pin ou ipé; teck et composites… Juste avec le bois, c’est un monde de possibilités qui s’ouvre lorsqu’il est question de patios et terrasses extérieurs. Si les matériaux et le style valent qu’on y prête attention, il demeure essentiel que la construction soit exemplaire, question de durabilité. Voici quelques repères.
On dit patio…
Originellement, le patio était une grande cour intérieure à ciel ouvert, dallée et aménagée. Au Québec, il fait de nos jours référence à une structure plus circonscrite, principalement en bois et généralement peu surélevée. Attenant à la maison, le patio prolonge au-dehors la finalité d’une pièce, souvent la salle à manger. Un garde-corps ou un treillage peut délimiter sa surface, un toit ajouré être installé. De l’intérieur, on y accède généralement par une fenestration dédiée, la fameuse « porte patio ».
…ou terrasse ?
La terrasse présente une plus vaste surface et se situe au niveau du sol. Elle peut ne pas être contiguë aux fondations, complétant par exemple une galerie, et elle intègre souvent des éléments décoratifs (végétaux, pavés, pierres, etc.) ou de loisir (piscine, spa, etc.). Sa réalisation demande généralement de plus gros travaux, voire une excavation (« du terrassement »).
Les termes « patio » et « terrasse » sont toutefois utilisés indistinctement dans le commerce, sauf exception (restaurants, condos) où c’est le second qui s’applique.
Patios et terrasses, attention à l’amateurisme
Un entrepreneur en construction compétent détient une licence de la Régie du bâtiment du Québec (RBQ) et dispose d’une main-d’œuvre qualifiée (ouvriers, menuisiers, paysagistes). Il a des réalisations, peut les montrer, dispose de modèles, suit des plans et possède un équipement complet. Car si elle représente un chantier relativement petit, la construction des patios et terrasses ne doit pas se faire n’importe comment, à la va-vite. Il faut de la méthode ainsi qu’un sens de l’esthétique.
Illustrons un peu
La création d’une simple plateforme en bois, surélevée et attenante au solage, représente différentes étapes. Par exemple :
- Délimitation de l’emplacement du futur patio avec des piquets et de la corde; détermination géométriquement rigoureuse de sa surface; marquage des fondations en fonction de la hauteur choisie.
- Addition et compactage mécanique de couches de gravier et de poussière de pierre; si le sol n’est pas au roc ou mal drainé, creusage et coulage de piliers en béton, ou utilisation de la technologie des pieux vissés (leur pointe doit se rendre sous la ligne de gel).
- Ajustement, mise au niveau et vissage du madrier d’assise (2 po x 8 po) dans la solive de rive (fondations); utilisation de tirefonds.
- Installation de deck blocks en béton sur le sol compacté pour ancrer les poteaux de soutien (si les pieux ne sont pas utilisés).
- Ajustement des poteaux (parfaitement verticaux) et fixation à leur extrémité de la poutre éloignée (2 po x 8 po); clouage en angle et horizontalité; l’ensemble est solidifié par l’ajout de contreventements cloués formant deux triangles rectangles isocèles de chaque côté des poteaux.
- Fixation (vis) d’étriers métalliques au madrier d’assise (espacement de 16 po); installation de solives perpendiculaires (2 po x 8 po), vissées aux étriers et posées sur la poutre éloignée; parallélisme requis.
- Sciage des solives à la longueur choisie; fixation à leur extrémité d’une solive de bordure (perpendiculaire).
- Pose des planches clouées perpendiculairement aux solives et espacées de 1/8 po, en commençant par la bordure.
Précisions sur les matériaux composites
Beaucoup de gens se tournent vers les composites, question d’économiser ($) et de doter leur patio d’un look chaleureux. Il faut dire que ces matériaux sont résistants, ne fendillent pas, ne gauchissent pas, n’ont pas à être teints et peuvent durer 25 ans. Par contre, outre des fibres et des résidus de bois, ils contiennent des polymères, des produits pétroliers, du plastique… Ce qui en fait des matériaux non recyclables, non biodégradables.
Chose importante aussi à retenir : les composites ne font pas de bons éléments structuraux (poutres, solives), car leur performances sous contrainte sont très moyennes. Évidemment, on peut rapprocher les solives, mais ce n’est pas l’idéal puisque les madriers en « bois synthétique » sont souvent instables aux joints de coupe (expansion/contraction) selon l’humidité et la température. Mieux vaut utiliser du bois traité (pin, sapin, épinette), qui reste moins cher que le cèdre rouge et l’ipé.
La fibre du constructeur
Construction Durab vous rappelle de toujours privilégier la solidité et la résistance pour votre terrasse en bois. Tout en présentant de magnifiques teintes, certaines essences sont naturellement imputrescibles, résistantes au feu et sans entretien.
De plus, Construction Durab vous encourage à « construire vert ». Avec des matériaux certifiés FSC ou SFI, vous aurez l’assurance que le bois de votre patio provient d’une forêt gérée de façon responsable (renouvellement et respect des écosystèmes).
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